Lettres de Marcel Rayman (du groupe Manouchian)

Publié le par M. Urnauer

Lettre de Marcel Rayman à sa mère et à son frère  

( Né en 1923 en Pologne. A émigré en France avec ses parents et son jeune frère, alors âgé de deux ans, en 1930. A exercé le métier de tricoteur, à la suite de son père qui possédait un atelier.)

Prison de Fresnes (Seine ; aujourd'hui Val-de-Marne) – 21 février 1944

Ma chère petite maman,

Quand tu liras cette lettre, je suis sûr qu'elle te fera une peine extrême, mais je serai mort depuis un certain temps et tu seras consolée par mon frère qui vivra heureux avec toi et te donnera toute la joie que j'aurais voulu te donner.

Excuse-moi de ne pas t'écrire plus longuement, mais nous sommes tous tellement joyeux que cela m'est impossible quand je pense à la peine que tu ressens. Je ne puis te dire qu'une chose, c'est que je t'aime plus que tout au monde et que j'aurais voulu vivre rien que pour toi. Je t'aime, je t'embrasse, mais les mots ne peuvent dépeindre ce que je ressens.

Ton Marcel qui t'adore et qui pensera à toi à la dernière minute. Je t'adore et vive la vie.

 

                                                                                                                                             Marcel

 

Mon cher Simon,

Je compte sur toi pour faire tout ce que je ne puis faire moi-même. Je t'embrasse, je t'adore, je suis content, vis heureux, rends Maman heureuse comme j'aurais voulu le faire si j'avais vécu. Vive la vie belle et joyeuse comme vous l'aurez tous. Préviens mes amis et mes camarades que je les aime tous. Ne fais pas attention si ma lettre est folle mais je ne peux pas rester sérieux.

                                                                                                                                             Marcel

 

J'aime tout le monde et vive la vie. Que tout le monde vive heureux.                            Marcel

 

Maman et Simon, je vous aime et voudrais vous revoir.                                                          Marcel

Publié dans Lettres de fusillés

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