Célestino Alfonso à sa famille

Publié le par M. Urnauer

Célestino Alfonso à sa famille ( né en 1916 à Itumar-Ozaba, en Espagne. Sa famille émigre en France alors qu'il est encore jeune. Elevé dans ce pays d'adoption, il se marie, a un petit garçon, et travaille comme ouvrier menuisier. )

 

Mes chers parents, soeurs et frère,

Ma chère femme et fils,

 

Aujourd'hui, à 3 heures, je serai fusillé. Je ne suis qu'un soldat qui meurt pour la France.

Je vous demande beaucoup de courage comme j'en ai moi-même : ma main ne tremble pas, je sais pourquoi je meurs et j'en suis très fier.

Ma vie a été un peu courte, mais j'espère que la vôtre sera plus longue.

Je ne regrette pas mon passé, si je pouvais revivre, je serais encore le premier.

Je voudrais que mon fils ait une belle instruction, à vous tous vous pourrez réussir.

Ma chère femme, tu vendras mes vêtements pour te faire un peu d'argent. Dans mon colis, tu trouveras 450 francs que j'avais en dépôt à Fresnes.

Mille baisers pour ma femme et mon fils.

Mille baisers pour tous.

Adieu à tous.

 

                                                                       Célestino Alfonso.

Publié dans Lettres de fusillés

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