A tous les enfants de Boris Vian (Romain LEDOUX)

Publié le par 1ères S2 et S3



A tous les enfants

A tous les enfants qui sont partis le sac à dos
Par un brumeux matin d'avril
Je voudrais faire un monument
A tous les enfants
Qui ont pleuré le sac au dos
Les yeux baissés sur leurs chagrins
Je voudrais faire un monument
Pas de pierre, pas de béton

Ni de bronze qui devient vert
Sous la morsure aiguë du temps
Un monument de leur souffrance
Un monument de leur terreur
Aussi de leur étonnement
Voilà le monde parfumé,
Plein de rires, plein d'oiseaux bleus
Soudain griffé d'un coup de feu
Un monde neuf où sur un corps
qui va tomber

Grandit une tache de sang
Mais à tous ceux qui sont restés
Les pieds au chaud, sous leur bureau
En calculant le rendement
De la guerre qu'ils ont voulue
A tous les gras tous les cocus
Qui ventripotent dans la vie
Et comptent et comptent leurs écus
A tous ceux-là je dresserai
Le monument qui leur convient
Avec la schlague, avec le fouet
Avec mes pieds avec mes poings
Avec des mots qui colleront
Sur leurs faux-plis sur leurs bajoues
Des larmes de honte et de boue.



A tous les enfants publié en 1954 1955 est un poème de Boris Vian (1920-1959).Boris Vian était un pacifiste notoire, un adversaire de la bourgeoisie, proche des libertaires. Mais il fut aussi l'un des artistes les plus talentueux de sa génération. A tous les enfants est donc une chanson même si la quasi absence de rimes peut faire penser à un poème en prose. Dans ce poème, Vian dénonce la guerre par le carnage exercé sur les jeunes soldats et par la critique des états majeurs peureux. Ce poème se compose principalement d'octosyllable. Il se scinde en deux partie antithétique. La première, est pathétique et dédiée aux victimes de la guerre, tandis que la seconde, violemment polémique, s'en prend aux puissants à qui la guerre a profité.

 

Le titre même du poème, A tous les enfants, se réfère à la dédicace des monuments ériges pour les «morts pour la France». Au premier 1er vers

«A tous les enfants qui sont partis le sac au dos», l'expression «partir le sac au dos» peut signifier que les jeunes soldats partent pour ne jamais revenir. Au vers 2 Boris Vian associe les «brumeux matin d'avril» au printemps, à la joie et à la jeunesse. Mais c'est le contraire qu'il dénonce au vers 5.

"Les yeux baissés sur leurs chagrins"

"Je voudrais faire un monument " Boris Vian, par se vers 6, cherhe à rendre hommage au enfant qui n'ont pas choisi de partir et non au soldat. Le poète veut se distinguer de se qui est déjà été fait:

"Pas de pierre, pas de béton,

Ni de bronze qui devient vert

Sous la morsuer aiguë du temps ".

"Mais à tous ceux qui sont restés
Les pieds au chaud, sous leur bureau
En calculant le rendement
De la guerre qu'ils ont voulue" Vian dénonce et condamne les décideurs de la guerre.

"A tous ceux-là je dresserai
Le monument qui leur convient" le poète veut laisser une trace de leur crualité,il veut dévoiler la vérité à tout le monde.





Les explications que je peux donner par rapport au choix de cette image, en fonction du poème A tous les enfants, c'est que j'ai cherché à représenter un monument qui montre, au mieux, la souffrance qu'enduraient ces jeunes soldats ,sans "pierre", sans "béton", "ni bronze qui devient vert sous la morsure aiguë du temps".

Quant au soldat au sac à dos je l'ai placé de façon à se qu'il voit son destin de face, de façon à ce qu'il voit qu'il n'y a pas d'autre issue possible que la mort! Si vous faites attention aux morts, ils prennent toute la superficie de l'arrière pour renforcer cette idée de destin irrémédiable et se qui renvois au premier vers du poème.

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