LE GRAND COMBAT D'HENRI MICHAUX

Publié le par M. Urnauer


Il l'emparouille et l'endosque contre terre;

Il le rague et le roupète jusqu'à son drâle;

Il le pratèle et le libucque et lui barufle les ouillais;

Il le tocarde et le marmine,

Le manage rape à ri et ripe à ra.

Enfin il l'écorcobalisse.

L'autre hésite, s'espudrine, se défaisse, se torse et se ruine.

C'en sera bientôt fini de lui ;

Il se reprise et s'emmargine... mais en vain

Le cerceau tombe qui a tant roulé.

Abrah ! Abrah ! Abrah !

Le pied a failli !

Le bras a cassé !

Le sang a coulé !

Fouille, fouille, fouille,

Dans la marmite de son ventre est un grand secret

Mégères alentour qui pleurez dans vos mouchoirs ;

On s'étonne, on s'étonne, on s'étonne

Et on vous regarde

On cherche aussi, nous autres, le Grand Secret.

 

 

 

Preuve, s'il en fallait, que le langage poétique peut se départir du langage ordinaire, sans que cela gêne vraiment ( ici, des mots-valises plein les yeux ; le son et l'évocation - d'images violentes mais presque drôles, à travers les hyperboles qui paraissent utilisées - se suffisent à elle-même.) , non ?...

Pour ce qui est de l'image choisie, je me contenterai de parodier une célèbre phrase de Saint Paul : sans humour, je ne suis rien ... ^^


Publié dans exemple de M. Urnauer

Commenter cet article

Mlle N. 04/06/2009 21:25

Des mots plein le nez, des odeurs pleins les yeux, des images dans les oreilles et des bruits pleins la bouche!
J'aime !!!

=)