"Bretagne" d'Eugène Guillevic (Ronan L.)

Publié le par 1ères S2 et S3

Eugène GUILLEVIC (1907-1997). Breton, fils de gendarme, Eugène Guillevic entre dans la fonction publique en 1926. En 1935, il est nommé à Paris au Ministère des Finances. La montée des dictatures change profondément ce catholique pratiquant, qui se rapproche du communisme. C'est sous l'Occupation qu'il publie légalement son premier recueil de poèmes, Terraqué, rassemblant des textes qui remontent, pour certains, aux années 30.

Poésie dense, de peu de mots, elle transmet à travers l'évocation de la Bretagne une vision du réel faite d'affrontement continuel avec la matière. Bientôt, Guillevic adhère au Parti Communiste clandestin où il fait de la résistance civile (faux papiers, transports de documents). A partir de 1943, d'autres poèmes de lui paraissent clandestinement. Ils seront recueillis après guerre, en 1947, dans son second recueil, intitulé Exécutoire.

 

Le poème "Bretagne" appartient à l'avant-dernière section du recueil Exécutoire, intitulée "Fractures". Délibérément méfiant à l'égard de tout lyrisme et de tout pathos, Guillevic convoque ici un langage dépouillé pour un face à face avec la réalité quotidienne de la guerre et la souffrance des humbles.
Ce poème dénonce l'horreur de la seconde guerre mondiale.

 

 

Bretagne

 

Il y a beaucoup de vaisselle,

Des morceux blancs sur le bois cassé,

Des morceaux de bol, des morceaux d'assiette

Et quelques dents de mon enfant

Sur un morceau de bol blanc.

 

Mon mari aussi a fini,

Vers la prairie, les bras levés,

Il est parti, il a fini.

 

Il y a tant de morceaux blancs,

de la vaisselle, de la cervelle

Et quelques dents de mon enfant.

 

Il y a beaucoup de bols blancs,

Des yeux, des poings, des hurlements,

 

Beaucoup de rire et tant de sang

Qui ont quitté les innocents.

 


Ce poème d'Eugène Guillevic "Bretagne", extrait du recueil Exécutoire (1947) nous fait part d'un remarquable témoignage de l'atrocité de la guerre 39-45, ce qui justifie qu'il appartienne aux poèmes engagés. Cependant, ici, le poète a choisi de représenter sa région natale comme lieu de l'action.

Ce poème est composé de trois distiqueset de trois tercets. Il évoque un massacre, la destruction d'une maison. On remarque également que cet écrit est vu du point de vue d'une femme : "mon mari aussi a fini"(v.6).

Un sentiment d'injustice est mis en valeur dans le dernier vers du poème : "Qui ont quitté les innocents".

L'auteur met en avant plusieurs mots et vers dans son poème afin qu'ils rentrent dans les esprits, comme des martellements. On remarque que le mot "morceaux" est répété cinq fois ; il permet d'illustrer les nombreux mutilés de cette guerre que ce soit lesz soldats voire même les familles. Le mot "blanc" lui, est répété quatre fois ; le blanc qui ici représente l'espoir, la paix (colombe), la pureté dans cet atmosphère de terreur brille une lueur d'espoir. Le vers "Et quelques dents de mon enfant" (v.4 et 11) ainsi que l'expression "a fini" (v.6 et 8) signifient respectivement la douleur exprimée par les familles , l'atrocité des allemands même envers les enfants, alors que l'expression "a fini" elle, signifie la mort : nous avons ici à faire à un euphémisme.
De plus, certains termes comme celui-ci sont sous-entendus : "Vers la prairie, les bras levés" (v.7). Les bras sont levés sous la menace d'une arme.
Le champ lexical de la vaisselle est employé :bol, assiette. Le fait que ce champ lexical ait été choisit résulte de la fragilité dont font preuve les victimes de la guerre (comme la porcelaine par exemple).

Ce poème évoque pour moi, un sentiment d'impuissance des personnes civiles notamment embarquées dans cette guerre. Eugène Guillevic, dans ce texte, joue parfaitement avec les objets et les métaphores pour mettre en scène l'atrocité du conflit de 39-45.

L'image que j'ai choisie représente une maison ayant subie un bombardement en 1944. On observe deux adultes et deux enfants se tenant debouts devant leur batisse. Cette image en noir et blanc met en situation les bombardements, principalement responsables de l'atrocité de la guerre du moins, les plus meurtriers. Toute la pauvreté et l'intensité qui s'en dégage témoigne de la souffrance vécue par ces victimes oùcomme Eugène Guillevic le dirait : "les innocents".

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M. Urnauer 29/05/2009 11:30

Bien pour le commentaire.
Il conviendrait que, lors de la présentation de l'auteur, tu indiques mieux tes sources ( ici :
http://www.scribd.com/doc/6683449/Poemes-de-La-ResustanceAu-Nom-de-La-Liberte

surtout lorsque tu reprends leurs propos à l'identique ...

suceurdequeues4012 03/01/2016 11:37

wsh fdp arète de cassé les couliesa té éllève anculé

albert67 03/01/2016 11:30

wsh sa va trkl casse pas les couilles vieux cons