"Le déserteur" de Boris Vian (par Móna)

Publié le par 1ères S2 et S3

(I)
 1Monsieur le Président         
  Je vous fais une lettre
  Que vous lirez peut-être
  Si vous avez le temps
(II)
 5Je viens de recevoir    
  Mes papiers militaires
  Pour partir à la guerre
  Avant mercredi soir
(III)
  Monsieur le Président
10Je ne veux pas la faire 
  Je ne suis pas sur terre
  Pour tuer des pauvres gens
(IV)
  C'est pas pour vous fâcher
  Il faut que je vous dise
15Ma décision est prise    
  Je m'en vais déserter
(V)
  Depuis que je suis
  J'ai vu mourir mon père
  J'ai vu partir mes frères
20Et pleurer mes enfants 
(VI)
  Ma mère a tant souffert
  Elle est dedans sa tombe
  Et se moque des bombes
  Et se moque des vers
(VII)
25Quand j'étais prisonnier 
  On m'a volé ma femme
  On m'a volé mon âme
  Et tout mon cher passé
(VIII)
  Demain de bon matin
30Je fermerai ma porte   
  Au nez des années mortes
  J'irai sur les chemins
(IX)
  Je mendierai ma vie
  Sur les routes de France
35De Bretagne en Provence
  Et je dirai aux gens:
(X)
  Refusez d'obéir
  Refusez de la faire
  N'allez pas à la guerre
40Refusez de partir        
(XI)
  S'il faut donner son sang
  Allez donner le vôtre
  Vous êtes bon apôtre
  Monsieur le Président
(XII)
45Si vous me poursuivez   
  Prévenez vos gendarmes
  Que je n'aurai pas d'armes
  Et qu'ils pourront tirer
Nota:
La version initiale des 2 derniers vers était:
"que je tiendrai une arme ,
et que je sais tirer ..."
Boris Vian a accepté la modification de son ami Mouloudji
pour conserver le côté pacifiste de la chanson !

    Boris Vian est née le 10 mars 1920 à Ville-d'Avray et décède le 23 juin 1959 à Paris. Il pratique de nombreuse activités: écrivain, poète, chanteur, musicien de Jazz, parolier, conférencier, scénariste, traducteur, critique, inventeur et ingénieur. Il a écrit certaine de ces oeuvres sous les pseudonymes Visi ou Brivasavion (anagramme de son nom).
     "Le déserteur" à été écrite dans un conteste historique précis; à la fin de la guerre d'Indochine et avant la guerre d'Algérie.
Ce texte antimilitariste à été mis en musique par Harold Berg et interprété par quelques artistes dont Boris Vian lui même.

     Ce poème est composé de douze quatrains dont chaque vers sont des mètres pairs en hexasyllabes. Les rimes sont de formes embrassés. Le premier et le dernier vers de chaque strophe sont composées de rimes masculines et pauvres alors que les autres sont féminines et suffisante voir riche.
Les seuls vers n'appliquant pas ces règles sont les premiers et les derniers des strophes V et IX:
"né"/"enfants" et "vie"/"chemins"
    Boris Vian met en situation un homme à qui on a ordonné la mobilisation. Etant contre, il écrit une lettre à "Monsieur le Président", lui expliquant pourquoi il ne participera pas à la guerre et qu'il désertera.
Les deux premières strophes servent ainsi à mettre en place le contexte.
Alors que les strophes III, V, VI et VII comportent les raisons pour lesquels il refuse de faire la guerre:
  Premièrement, il refuse de tuer (v 11-12) :
"Je ne suis pas sur terre
 Pour tuer des pauvres gens"
  Deuxièmement, la guerre lui à déjà causé de nombreux traumatismes tel que le deuil (v 18-19-21) :
"J'ai vu mourir mon père"
"Ma mère a tant souffert
 Elle est dedans sa tombe"
l'absence (v 19-20-26) : "J'ai vu partir mes frères,/Et pleurer mes enfants "/"On m'a volé ma femme"
Les conditions de vie (v 25-27-28) : "Quand j'étais prisonnier"/"On m'a volé mon âme/Et tout mon cher passé"
Il dénonce par sa propre expérience, les horreur de la guerre mais aussi, le pouvoir des politiques sur les petites gens (strophes XI).
Dans la strophe X, il y a présence d'impératif qui incite largement à la rébellion :
"Refusez d'obéir
 Refusez de la faire
 N'allez pas à la guerre
 Refusez de partir"         
     L'ensemble du texte est engagée grâce aux arguments pertinent mais aussi à un registre pathétique "pauvre, "mourir", "pleurer", "souffert"... et le sens même de certaine strophes (V, VI, VII, X) cherchent à émouvoir.
    Ce texte raconte la rébellion d'un personnage fasse à la guerre (dont les conditions sont innumaines) mais dans un contexte pacifique.   
     Le sens même du texte m'a plus car il pousse à la réflexion et qu'il est simple d'entrevoir les sous entendus de l'auteur et d'être d'accord avec lui. On y retrouve critique fortes et idéologie du pacifisme. De plus le rythme est agréable pour la lecture.

     Cette image me semble correspondre plutôt bien a ce poème.
En effet, la main serait s'elle du déserteur brisant les règles

qui lui disent de partir en guerre pour atteindre sa liberté.

 
  
                                                
                                  
 


 

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mouloude 31/05/2015 21:52

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