Où vont tous ces enfants .... (Jérémy J)

Publié le par 1ères S2 et S3

Victor Hugo ( 1802-1885) est un écrivain et un homme politique français . il apparait comme le "monstre sacré" de la littérature française. La poésie de Hugo peut être séparé en 2 parties : celle précédent la mort de sa fille Léopoldine (1843) et celle d'après . La première est plutôt lyrique , la seconde est plus critique . En effet après la mort de sa fille il est contraint à l'exil suite au coup d'état de Napoléon III auquel il est fermement opposé. il s'exile en Belgique, puis à Jersey et à Guerne sey (îles anglo-normandes) et ne retourne en France qu'après la chute du second empire. Dans ses conditions, il rédige plusieurs recueils poétiques dont les Châtiments ( 1853) et les Contemplations  (1856). Ce dernier recueil est lyrique et aborde les thèmes de l'amour, du souvenir, de la joie mais aussi de la mort et du deuil.... Le poème intitulé "Melancholia" appartient à ce recuiel , en voici une partie .

Où vont tous ces enfants ...

Où vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit ?
Ces doux êtres pensifs que la fièvre maigrit ?
Ces filles de huit ans qu’on voit cheminer seules ?
Ils s’en vont travailler quinze heures sous des meules
Ils vont, de l’aube au soir, faire éternellement
Dans la même prison le même mouvement.
Accroupis sous les dents d’une machine sombre,
Monstre hideux qui mâche on ne sait quoi dans l’ombre,
Innocents dans un bagne, anges dans un enfer,
Ils travaillent. Tout est d’airain, tout est de fer. 
Jamais on ne s’arrête et jamais on ne joue.
Aussi quelle pâleur ! la cendre est sur leur joue. 
Il fait à peine jour, ils sont déjà bien las.
Ils ne comprennent rien à leur destin, hélas !
Ils semblent dire à Dieu : - Petits comme nous sommes,
Notre père, voyez ce que nous font les hommes !
Ô servitude infâme imposée à l’enfant !
Rachitisme ! travail dont le souffle étouffant
Défait ce qu’a fait Dieu ; qui tue, oeuvre insensée,
La beauté sur les fronts, dans les coeurs la pensée,
Et qui ferait - c’est là son fruit le plus certain ! -
D’Apollon un bossu, de Voltaire un crétin !
Travail mauvais qui prend l’âge tendre en sa serre,
Qui produit la richesse en créant la misère,
Qui se sert d’un enfant ainsi que d’un outil !
Progrès dont on demande : Où va-t-il ? que veut-il ?
Qui brise la jeunesse en fleur ! qui donne, en somme,
Une âme à la machine et la retire à l’homme !
Que ce travail, haï des mères, soit maudit !
Maudit comme le vice où l’on s’abâtardit,
Maudit comme l’opprobre et comme le blasphème !
Ô Dieu ! qu’il soit maudit au nom du travail même,
Au nom du vrai travail, sain, fécond, généreux,
Qui fait le peuple libre et qui rend l’homme heureux !

                                                                                                            Victor Hugo. Les contemplations.

 

 

  Victor Hugo prend dans ce recueil la défense des opprimés de la société dans ce début de révolution industrielle , dans ce poème il cherche à denoncer le travail difficile des enfants.

 

Tout d'abord, on distingue 2 parties dans ce poème . La première du début au vers 16 inclus qui est plutôt descriptive du travail des enfants . La deuxième du  vers 17 a la fin où les phrases sont nominales et exclamatives , on est dans la prise de parti du poète .

 

On remarque ensuite que le monde de l'enfance est associé au registre pathétique . De plus le lecteur est interpellé , pris à partie par le poète qui le questionne , par exemple au vers 1:

"Où vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit ? ". En outre, les enfants sont amaigris par leur travail et ils sont aussi abatus physiquement que moralement: ils ne comprennet pas ceux qu'ils leur arrivent ( v14).

C'est d'ailleurs pourquoi ils sont des victimes innocentes (vers 9)

 

D'autre part, le monde du travail est terrible pour ses enfants et c'est ce que hugo dénonce avec force. En effet, ceux qu'on demande de faire aux enfants est inhumain et immoral , pire le travail mène à la destruction des enfants , vers 19 : "qui tue" . On parle ausii de "rachitisme " et de "servitude infâme "ce quimontre bien l'inhumanité de ce travail  . Le poète met d'ailleurs en cause les progrès de l' age industriel c'est à dire les nouvelles techniques de travail: vers 17 à 28 ; le poète dit même que les machines détruisent l' âme de l'Homme . Le poète veut insister sur le fait qu' il est impenssable de continuer à faire travailler des enfants ; on remarque que le poète veut choquer vers 22 "Apollon un bossu, Voltaire un crétin". Le poète  fait appel à la religion , Dieu ne le voudrait pas : laisser travailler les enfants c'est agir contre son oeuvre( beauté , intelligence....).

Finallement le poète maudit le travail des enfants comme il maudirait le vice ou le blasphème ( vers 30,31). Il prône selon lui ce qui est le vrai travail , c'est à dire celui qui permet à l'homme de s'épanouir et non de le détruire . Cela est notamment présent dans les deux derniers vers : le travail doit rendre " l'homme heureux".

 

J'ai chosi ce poème car il est touchant et toujours d'actualité car dans les pays pauvres il y a encore de nos jours des enfants qui travaillent parfois plus de 12h par jour pour un salaire de misère ou par ce qu'ils y sont forcés.

C'est d'ailleurs pourquoi j'ai chosi d'illustrer cet article par une photo d'une  jeune fille travaillant dans la boue . Cette photo provient d'un article de journal dénonçant 150 ans après les mêmes choses que Victor Hugo.

 

 


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