Au cabaret vert ( sylvain)

Publié le par 1ères S2 et S3

Arthur Rimbaud (20 octobre 1854 à Charleville ; Mort le 10 novembre 1891 à l’hôpital de la Conception à Marseille) est l’un des plus grands poètes français. Il a connu de nombreuses vies. Pendant son enfance, abandonné par son père, il vit avec sa mère son frère et ses deux sœurs dans l’un des quartiers les plus pauvres de Charleville. Bien que brillant élève, il fugue vers Paris. En 1871 il correspond avec Paul Verlaine et en septembre de la même année il va vivre chez Verlaine tandis que sa femme voit le jeune illusionniste d’un mauvais œil.  Le 7 juillet 1872 il quitte Paris pour partir vivre son histoire d’amour avec Verlaine à Londres et a Bruxelles. En 1873, alors que Rimbaud veut le quitter, Verlaine, ivre, lui tire dessus à deux reprises, le blessant légèrement au poignet. A 21 ans il arrête subitement la poésie et par voyager en Asie et en Afrique. Fin 1880 il arrive à Harrar où il s’installe pour commercer le café, l’ivoire, l’or … et les armes. 1891 il est rapatrié à Marseille pour une tumeur a la jambe droite, on l’ampute mais le cancer se généralise et meurt. Des années plus tard Alain Blottière diras « si Rimbaud a voulu dérouter nos habitudes de lecteurs, c’est qu’il savait que l’étonnement, comme la musique des mots, participent de la poésie. (...) Rimbaud n’a jamais cessé d’être moderne. »

 

 

 

En octobre 1870, Arthur  Rimbaud, le jeune poète prodige français fugue pour rejoindre la capitale, Paris. Il écrit pendant son voyage un poème sur l’une de ses étapes a Charleroi «  Au Cabaret Vert ».

 

Au Cabaret-Vert

cinq heures du soir




Depuis huit jours, j'avais déchiré mes bottines

Aux cailloux des chemins. J'entrais à Charleroi.
Au Cabaret-Vert : je demandai des tartines
De beurre et du jambon qui fût à moitié froid.

Bienheureux, j'allongeai les jambes sous la table
Verte : je contemplai les sujets très naïfs
De la tapisserie. Et ce fut adorable,
Quand la fille aux tétons énormes, aux yeux vifs,

Celle-là, ce n'est pas un baiser qui l'épeure !
Rieuse, m'apporta des tartines de beurre,
Du jambon tiède, dans un plat colorié,

Du jambon rose et blanc parfumé d'une gousse
D'ail, et m'emplit la chope immense, avec sa mousse
Que dorait un rayon de soleil arriéré.


Octobre 70.

 

 

Nous verrons en quoi ce poème est en quelque sorte une improvisation très travaillée.

Ce poème semble être une improvisation totale car il utile de nombreux procédé comme écrire juste en dessous du titre «  cinq heures du soir » ce qui nous donne une impression de poème fait à la va vite, griphoné sur un morceau de papier.

Il utilise aussi un grand nombre d’enjambement, de rejet et de contre-rejet comme le montre les deux premiers vers « j’avais déchiré bottines/ Aux cailloux des chemins. » ou encore «Bienheureux, j’allongeais les jambes sous la table/ Verte » ce qui permet au poème de devenir presque un récit.

Un autre détail donne cet aspect de récit au poème c’est le découpage du vers. Dans les poèmes de Ronsard considéré comme classique les vers en alexandrins sont découpés au milieu en hémistiche mais ici les enjambements casse le rythme du poème « Bienheureux, j’allongeais les jambes sous la table » ici la cassure se fait des le premier mot. Grâce à ce procédé Rimbaud innove et réinvente le sonnet.

Le langage possède aussi sa part d’importance comme dans tous les arts littéraires. Ici le jeune poète utilise un registre de langue familier « quand la fille aux tétons énormes ». Ce registre nous montre une certaine exaltation du poète qui comme nous l’avons dit précédemment viens juste de fuguer pour la première fois il n’a alors que 16 ans.

Mais ce poème est très travaillé comme nous allons le voir, la forme du poème et certain terme du langage nous montre que le poème n’est pas ce que cherche à nous faire voir l’auteur.

Le poème est un sonnet car il possède quatorze vers divisé en deux strophes et deux tercets, c‘est une forme très classique et utilisée par de nombreux albatros, mais d’habitude les rimes sont de forme ABBA ABBA CCD EED, dans le poème le jeune fugueur écrit ses rimes sous la forme ABAB CDCD EEF GGF.

Même les rimes sont étudiées, dans les deux premières strophes les elles sont suffisantes, c’est à dire avec deux sons en commun, puis pauvre, un seul son.

Les vers sont encore d’une forme très classique, Rimbaud utilise le l’alexandrin vers de douze pieds ou syllabes.

Malgré un texte qui dans l’ensemble utilise un registre familier le jeune rebelle de la poésie écrit des mots tirés d’un registre que l’on pourrait qualifier de soutenu tel que « Bienheureux » au vers cinq ou encore « l’épeure » au vers neuf.

 

On pourras ainsi conclure que ce poème est tout a fait a l’image de Rimbaud à la fois classique et très moderne. Cette improvisation feinte ne cache pas le travail de l’artiste. Le rebelle qu’il est a cette époque est tout a fait l’image que renvoie le poème, insouciant de la vie mais sérieux sur la qualité de son travail.

 

 

 

j'ai choisi cette image car les oiseau sont symbole de liberté et parcequ'elle est très belle 

 

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M. Urnauer 29/05/2009 12:29

" c‘est une forme très classique et utilisée par de nombreux albatros " ( = du Sylvain dans le texte !... )
Il est vrai que les perroquets (même verts) l'utilisent moins souvent !... ( = du M. Urnauer tout craché !...)