Poème engagé - Sylvain

Publié le par 1ères S2 et S3

Le Dormeur du Val

C'est un trou de verdure, où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert ou la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme:
Nature, berce-le chaudement: il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine.
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

Arthur Rimbaud, novembre 1870




Le Dormeur du Val, poème écrit par Arthur Rimbaud en 1870, est un poème sous forme de sonnet, en alexandrins et avec des rimes riches. Encore une fois le poète s'impose des contraintes pour mieux les contourner, en brisant le rythmes par des rejets, très présents dans ses oeuvres, mais également présents dans ce poème comme aux vers 1-2 : "Accrochant follement aux herbes des haillons/D'argent ; [...]"
Le message de ce poème ne se dévoilant qu'à la fin, on peut donc étudier celui-ci progressivement, strophes par strophes.
  Dans la première strophe, Rimbaud décrit la nature et la beauté du val, comme "un trou de verdure où chante une rivière" (v1), c'est à dire comme un endroit magnifique, avec de plus du soleil et une nature omniprésente, tout ce que Rimbaud adore.
  Dans la seconde strophe, le poète aperçoit un homme au loin qu'il décrit comme dormant, étendu, comme quelqu'un qui se repose. On apprend aussi que c'est un soldat, car Rimbaud dévoile peu à peu l'histoire qu'il veut nous raconter : "Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,"
  Dans la troisième strophe, on s'approche du soldat, et Rimbaud le décrit comme il le perçoit, c'est à dire comme malade, ayant froid, et on commence ici à comprendre le poème. le poète demande ici a la Nature de bercer le soldat, ce qui montre encore une fois sa liaison avec la nature et son amour pour elle :
"Nature, berce-le chaudement: il a froid."
  Enfin, dans la dernière strophe, on se rapproche encore du soldat. Jusqu'à l'avant dernière phrase, Rimbaud nous décrit le soldat et la nature autour comme magnifique et resplendissante : "Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine/Tranquille." (v.13-14). La chute en est d'autant plus terrible, car lorsqu'on apprend que le soldat est en fait cadavre, on ressent un choc, et c'est par ce choc que Rimbaud veut nous faire comprendre l'absurdité de la guerre par-rapport à la nature.

J'ai choisi ce poème pour la magnifique description de la nature que le poète nous fait (comme tout les poèmes de Rimbaud), mais surtout pour sa façon de faire ressortir l'absurdité de la guerre via la beauté de la Nature, qui est originale comparé aux autres poètes engagés de l'époque (Victor hugo, par exemple). L'image associée ici représente bien la beauté de la nature et du Val, et nous fais voir que ce serais bien le dernier endroit où on s'attendrait à découvrir un cadavre.


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