Après trois ans, de Paul Verlaine (publié par Yohan)

Publié le par 1ères S2 et S3

Paul Verlaine est né à Metz en 1844. Il commença sa carrière comme employé de bureau. Il fréquenta les milieux littéraires et publia son premier recueil, les "Poèmes saturniens", en 1866. Sa rencontre avec Rimbaud va bouleverser sa vie. Emprisonné pour avoir tiré sur son ami, il écrivit des poèmes qui sont parmis les plus beaux de la poésie française. Verlaine est considéré par les symbolistes comme leur "maître". Il est décédé en 1996.



Après 3 ans


Ayant poussé la porte étroite qui chancelle,
Je me suis promené dans le petit jardin
Qu'éclairait doucement le soleil du matin,
Pailletant chaque fleur d'une humide étincelle.

Rien n'a changé ... J'ai tout revu : l'humble tonnelle
De vigne folle avec les chaises de rotin ...
Le jet d'eau fait toujours son murmure argentin
Et le vieux saule tremble sa plainte sempiternelle.

Les roses comme avant palpitent ; comme avant,
Les grands lys orgueilleux se balancent au vent,
Chaque alouette qui va et vient m'est connue.

Même j'ai retrouvé debout la Velléda,
Dont le plâtre s'écaille au bout de l'avenue
- Grêle, parmi l'odeur fade du réséda.

               
                                         Poèmes saturniens, Paul Verlaine


Ce poème est en alexandrin, écrit en 4 strophes, 2 quatrains et 2 tercets. Il est donc sous la forme d'un sonnet. Les rimes sont sous formes embrassées dans les quatrains (ABBA). Les rimes des 2 tercets sont sous formes (CCD , EDE). Le poète écrit à la première personne "Je" ou "J'" caractéristique du lyrisme. Le thème principal du poème est le temps qui passe. Par exemple au vers 5:
 "Rien a changé ... J'ai tout revu [...]"
On peut repérer dans ce poème 2 contre-rejets qui font rompre le rythme du poème tout en le rendant plus harmonieux. En effet au vers (5,6) et (9,10):
"[...] l'humble tonnelle
De vigne folles avec les chaises de rotin ..."
et
"[...]comme avant,
Les grands lys orgueilleux se balancent au vent,"

J'ai aimé ce poème car sa lecture était fluide malgré les coupures de rythme qui au contraire rendait le poème harmonieux, le thème du temps qui passe m'a plu, la mélancolie du poète qui retrouve sa maison, quelques années plus tard inchangé, était émouvant.



Si j'ai choisi cette image c'est parce qu'elle signifie le temps qui passe comme dans le poème. Mais ici l'image va au delà du temps qui passe, en effet le temps qui passe finit par nous tuer, que ce soit le poisson dans l'image ou nous, les Hommes dans la réalité. A la fin de sa vie l'Homme peut avoir des regrets, se poser des questions sur soi ... et l'Homme peut également être mélancolique comme Verlaine qui nous le montre dans ce poème. Et si le poisson est heureux, c'est parce qu'il n'est pas conscient de son état "mortel" contrairement à l'Homme. 



Commenter cet article

M.Urnauer 27/05/2009 23:30

Attention de ne pas trop abuser du terme "forme". De même (les contre-rejets) "font rompre" n'est pas très joli ; "rompent", plutôt. Cela suffira.

M.Urnauer 27/05/2009 23:27

Verlaine mort à 152 ans ( 1844 - 1996 ) ?...
Je sais bien que les Poètes sont des bêtes assez curieuses, mais à ce point !... ^^