"Et la mer" Charline.

Publié le par 1ères S2 et S3

 Et la mer et l'amour ont l'amer pour partage,

Et la mer est amère, et l'amour est amer,
L'on s'abîme en l'amour aussi bien qu'en la mer,
Car la mer et l'amour ne sont point sans orage.

Celui qui craint les eaux, qu'il demeure au rivage,
Celui qui craint les maux qu'on souffre pour aimer,
Qu'il ne se laisse pas à l'amour enflammer,
Et tous deux ils seront sans hasard de naufrage.

La mère de l'amour eut la mer pour berceau,
Le feu sort de l'amour, sa mère sort de l'eau
Mais l'eau contre ce feu ne peut fournir des armes.

Si l'eau pouvait éteindre un brasier amoureux,
Ton amour qui me brûle est si fort douloureux,
Que j'eusse éteint son feu de la mer de mes larmes.

 

Pierre de Marbeuf, Recueil des vers




  Le poème « Et la mer » est paru en 1928. Il est extrait de Recueil des vers. Ce poème a été composé par Pierre de Marboeuf( 1596-1665) , dans lequel il réussi avec brio à comparé l’amour et la mer tout en installant une musicalité grâce à différentes figures de style.

 

Ce poème est composé de deux quatrains suivis de deux tercets. Ecrit en Alexandrins, les rimes sont de forme ABBA ACCA DDE FFE. Il s’agit donc de la forme Sonnet.

 

Ce texte est tout d’abord une évocation de l’amour. En effet, on relève ce mot huit fois ainsi que de nombreuses déclinaisons, comme « amoureux » et « aimer ».

Il est constamment mélangé au thème de la mer, grâce à des chiasmes v1/2 et 5/6 ainsi que de nombreuses répétitions. Ceci à pour effet de troubler le lecteur, et d’attirer plus son attention sur l’effet stylistique du poème que son contenu.

Pierre de Marboeuf dresse les points communs entre les deux thèmes. On y retrouve l’amertume (v1/2), l’agitation (v3/4), et le risque « d’accident » v(7/8) .

 

Ce thème est abordé de façon élégiaque. En effet, au départ tout est très général. Les pronoms sont « on » et « il ». Puis, au pénultième ( =) ) vers, apparaît le pronom « ton » puis « je ».  Pierre de Malboeuf s’adresse alors à une personne bien précise qui semble le faire souffrir  atrocement. Ce sentiment est renforcé par une hyperbole v13 (si fort) ainsi qu’un ton pathétique.

 

Ce texte a donc pour but d’exprimer les sentiments de l’auteur  mais encore plus d’impressionner et d’exposer un exercice de style.

 

En effet, à la lecture de ce poème, la confusion et la non-compréhension peut s’emparer de nous. L’auteur joue avec les sonorités. Pour cela, il utilise de nombreuses allitérations et assonances en « m » « ou » et « ère ». Il s’amuse à entrecroiser des mots très proches phonétiquement (v1)  et en jouant sur la ressemblance des termes. Il associe ainsi « la mer » « l’amer » et « la mère » qui sont des homonymes. Il le fait également avec « eaux » et « maux » ainsi que « armes » et « l’armes » .

Ces procédés font encore plus d’effet, puisqu’on ne retrouve aucun enjambement ni rejet. L’auteur joue ainsi seulement  sur les sons, s’aidant d’une construction tout à fait banale en Alexandrins avec hémistiche (binaire ?) , pour les mettre en valeur.

 

 

 


 

Je trouve que cette photo correspond bien au poème. En effet, cette profusion de sons me fait penser à une tempête, durant lequel tout les éléments se déchaînent, et  finalement ne font plus qu’un.

 

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carole 14/10/2012 21:29

Ce poème est magnifique. Ma fille doit l'apprendre, elle est en classe de CM1.... pensez vous qu''il soit approprié ? Merci pour vos réponses.