J'accuse, de Jean Cayrol (publié par Yohan)

Publié le par 1ères S2 et S3


  Au nom du mort qui fut sans nom
Au nom des portes verrouillées
Au nom de l'arbre qui répond
Au nom des plaies au nom des prés mouillés

Au nom du ciel en feu de nos remords
Au nom d'un père qui n'aura plus son fils
Au nom du livre où le sage s'endort
Au nom de tous les fruits qui mûrissent


Au nom de l'ennemi au nom de vrai combat
Où l'oiseau avait fait son nid
Au nom du grand retour de flamme et de soldats
Au nom des feuilles dans le puits

Au nom des justices sommaires
Au nom de la paix si faible et dans nos bras
Au nom des nuits vivantes d'une mère
Au nom d'un peuple dont s'effacent les pas


Au nom de tous les noms qui n'ont plus de renom
Au nom des lois remuantes au nom des Voix
Qui disent oui qui disent non
Au nom des hommes aux yeux de proie


Amour je te livre aux premières fureurs de la Joie.

(Jean Cayrol)


Jean Cayrol est né en 1911. Il publia ses premiers poèmes dès l'âge de ses 19 ans (en 1930). Pendant l'occupation, Jean Cayrol était membre d'un réseau clandestin, il fut déporté au camp de concentration de Mauthasen, en Autriche. Il fut rescapé de cet enfer et publie en 1945 : "Les Poèmes de la nuit et du brouillard".  D'autres oeuvres suivront évoquant ses soufrances endurées. En 1956, il écrit le bouleversant texte du film d'Alain Resnais "Nuit et Brouillard". 

Ce poème est formé de 5 quatrains et d'un vers isolé, les vers sont libres et on peut remarquer l'absence de ponctuation dans tout le poème.
Dans ce poème on trouve une figure de répétition, l'anaphore "Au nom" qui est répété tout au long du poème à presque chaque début de vers. L'anaphore permet au poète de dénoncer "Au nom" de toutes les victimes, la guerre qui n'apporte que souffrance et destruction. Par exemple, on a au vers 6 :
"Au nom d'un père qui n'aura plus son fils"
Les rimes sont croisées (donc de forme ABAB) dans tout le poème. Elles créent une harmonie plaisante dans le poème et une fluidité qui rend le poème facile à lire.


J'ai choisi ce poème car il dénonce la guerre, il montre que les conséquences sont désastreuses et qu'au final tout le monde y perd. De plus les vers libres, l'anaphore "Au nom" et les rimes croisées permette une lecture du poème agréable.


Cette image me fait penser à un soldat qui a perdu un ami, qui le voit décapité et qui est choqué de le retrouver ainsi.
Dans le poème elle aurait pu être formulé de cette façon:
"Au nom du soldat qui a perdu son ami"
On voit bien dans l'image une des conqéquance affreuse de la guerre.

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