Poème lyrique - Sylvain Le Cloërec 1ereS3

Publié le par 1ères S2 et S3

Ma bohème
 
Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées;
Mon paletot aussi devenait idéal;
J'allais sous le ciel, Muse! et j'étais ton féal;
Oh! là! là! que d'amours splendides j'ai rêvées!

 Mon unique culotte avait un large trou.
 -Petit Poucet rêveur, j'égrenais dans ma course
Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse.
-Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou.

Et je les écoutais, assis au bord des routes,
 Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur;

Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
Comme des lyres, je tirais les élastiques
Des mes souliers blessés, un pied près de mon coeur!





Ce poème, sous forme de sonnet, c'est à dire composé de deux quatrains et de deux tercets, en alexandrins, a été écrit lors de la seconde fugue d'Arthur Rimbaud, en Belgique. Ce dernier joue sur les conventions, en s'imposant des contraintes (sonnet, vers en alexandrins, rimes riches) pour aller au delà de celles -ci, les dépasser. Ainsi, il utilise de nombreux rejets, comme à son habitude, pour casser le rythme du poème. Par exemple, vers6-7:
"[...] j'égrenais dans ma course/Des rimes. [...]". En adolescent rebelle, il brise les rythmes, et fait ainsi passer la poésie aux limites de la prose.
Ce texte est en fait l'autoportrait d'un artiste cherchant espace et libertés, qui cherche une protection auprès de la nature. Le poète éprouve un sentiment de révolte envers la société au début du poème, avec ses
"[...]poings dans mes poches crevées" (v.1). Au fil du poème, ce sentiment s'apaise avec l'arrivée dans la nature, l'inconnu, qui ravi le poète. Il va sans savoir vraiment où aller, comme il le dit vers 3 : "J'allais sous le ciel, Muse![...]"
Il va dans son univers favori, la campagne, en utilisant des verbes comme "j'égrenais" ou "je sentais". ces verbes sont à l'imparfait, utilisé pour exprimer une habitude, une répétition, montrant que Rimbaud préfere la campagne. Il a l'apparence du vagabond avec son pantalon troué, dormant à la belle étoile, cherchant la liberté.

J'ai donc choisi ce poème pour le sentiment de liberté et de communion avec la nature que l'on perçoit quand on le lit. Rimbaud nous décrit ce qu'il ressent lorsqu'il fugue, ses sentiments de liberté, et sa joie de se retrouver avec la nature, et, aimant l'aventure et la découverte de l'inconnu, j'ai ici découvert qu'il n'y avait pas que la littérature fantstique (entre autres) pour voyager. L'image du chemin menant vers l'ouest (la déouverte, l'inconnu), vers l'horizon exprime bien les sensations que devaient ressentir le poète quand il vécut ce moment. De plus, la photographie est prise a la campagne, univers favorit de Rimbaud.


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