Poèmes - Ravensbruck -[solveig]

Publié le par 1ères S2 et S3

René Guy Cadou né le 15 février 1920 à Sainte-Reine-de-Bretagne en Loire-Atlantique. est un instituteur qui consacra sa vie a la poésie,il chanta le monde rural , l'enfance , l'amour qu'il portait a sa femme helène(1952), poète de l'amitié,il fit parti de l'école de Rochefort,avec Jean Rousselot et décédera le 20 mars 1951 à Louisfert également en Loire-Atlantique.



A Ravensbruck en Allemagne
On torture on brûle les femmes

On leur a coupé les cheveux
Qui donnaient la lumière au monde

On les a couvertes de honte
Mais leur amour vaut ce qu'il veut

La nuit le gel tombe sur elles
La main qui porte son couteau

Elles voient des amis fidèles
Cachés dans les plis du drapeau

Elles voient Le bourreau qui veille
A peur soudain de ces regards

Elles sont loin dans le soleil
Et ont espoir en notre espoir

René-Guy Cadou









Ce poème « Ravensbruck  »  est bien explicite, il raconte la vie des femmes, de leur arrivée jusqu'à leur mort, dans le camp de concentration du même nom, camp réservée aux femmes .
Le poème est constitué de sept strophes de deux vers chacune appelées communément distiques et a une forme fixe. Le nombre de syllabes dans chaque vers est pair donc ce sont des mètres pairs de huit syllabes appelé l'octosyllabe. Au début, on remarque plusieurs enjambements qui ici ne rompent pas trop l'harmonie entre la structure rythmique et la structure grammaticale. Il n'y a pas de rimes particulières, malgré la séparation de ces vers le poème est très lié. . Il existe une opposition de deux champs lexicaux qui se démarque bien dans le texte, celui de la vie comme « soleil, lumière, espoir; ami, fidèles contre celui de la mort « torture, brulé ,couteau, gel , bourreau ».
Dans la première strophe, Cadou campe la situation; l'action se situe dans le camp de Ravensbruck. Les six premiers vers nous révèlent que ce sont des femmes donc des amantes, des mères qui donnent la vie« qui donnaient la lumière au monde » et qui sont aux mains de barbares « on torture,on brule les femmes ». Le Poète ne nomme pas les bourreaux, il emploie le pronom indéfini : on. Peut-être parce qu'il considère que tout le monde est complice de ce crime ou par qu'il ne veut pas mettre en lumière les nazis ou pour les effacer afin de ne voir qu'elles, les femmes.
Les strophes 4,5 et 6 les accompagnent vers la mort « la nuit, le gel...couteau...bourreau » et nous montrent leur courage car elles, malgré la peur, s'accrochent à l'amour « amis fidèles ».
La dernière strophe les montre toujours vivantes après leur mort, la fumée de leurs corps brulés qui monte dans le ciel vers le soleil « elles sont loin dans le soleil »
Ce poème est comme un bouteille à la mer; malgré l'horreur subit dans ces camps barbares, la Vie que les bourreaux nazis ont voulu détruire est au-dessus de tout cette honte, elle ressurgit plus forte, plus éclatante et ces femmes ne sont pas mortes dans les mémoires.

j'ai choisi cette photo car elle represente le monument dedié aux morts de ravensbruck.












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