Sensation (Ronan)

Publié le par 1ères S2 et S3

Sensation
Arthur RIMBAUD
(Charleville 1854 - Marseille 1891)


Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers
Picoté par les blés, fouler l'herbe menue:
Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.

Je ne parlerai pas, je ne penserai à rien:
Mais l'amour infini me montera dans l'âme,
Et j'irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la nature, - heureux comme avec une femme.



Ce petit poème de huit vers (deux quatrains en rimes croisées) est un des premiers textes de Rimbaud qui n'a pas encore 16ans à l'époque. Comme il est normal à cet âge, et à cette saison (le printemps), c’est un projet d’avenir, un programme de bonheur : l’adolescent rêve d’un bonheur parfait trouvé dans l’harmonie avec la nature, un bonheur identifié à la plénitude des sensations.
Dans ce poème, on retrouve un très grand attachement à la nature notamment par un champ lexical très vaste : "soirs bleus d'été", "les blés", "l'herbe menu", "le vent", "la nature". De plus, celle ci est comparé à une femme : "heureux, comme avec une femme"
On remarque aussi que ce poème est un rêve au futur, une experience infondée par l'utilisation du future "j'irai", je sentirai", "je ne parlerai pas, je ne penserai à rien"... Il s'agit bien d'une ébauche de plan dans un future imprécis.
Rimbaud nous offre aussi par ce poème son amour du voyage et de l'évasion. Pour cela il utilise des verbes de mouvements comme "j'irai" qui nous donne une impression de vagabondage de la part du personnage (surtout associé au terme "loin"). 
La beauté de ces vers et la musicalité des rimes et du texte en général donne au lecteur une sensation de bonheur et de bien être. 
Comme le suggère le titre, tout dans ce poème évoque que le bonheur passe par les sensations avant tout et aussi par le voyage.


Cette image représente bien le vent qui s'engouffre dans les herbes, un peu comme un voyageur qui sentirai le souffle de ce vent sur son visage et qui partirai sans trop savoir où. Elle illustre joliement ce poème.




 

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M. Urnauer 28/05/2009 10:40

Bien. Juste dommage qu'il y ait tant de fautes ... (cela rend toujours la lecture un peu moins agréable ...)