"Le clown" de Paul V erlaine[SOLVEIG 1S2]

Publié le par 1ères S2 et S3

Le clown

Bobèche, adieu ! bonsoir, Paillasse ! arrière, Gille !
Place, bouffons vieillis, au parfait plaisantin,
Place ! très grave, très discret et très hautain,
Voici venir le maître à tous, le clown agile.

Plus souple qu'Arlequin et plus brave qu'Achille,
C'est bien lui, dans sa blanche armure de satin ;
Vides et clairs ainsi que des miroirs sans tain,
Ses yeux ne vivent pas dans son masque d'argile.

Ils luisent bleus parmi le fard et les onguents,
Cependant que la tête et le buste, élégants,
Se balancent sur l'arc paradoxal des jambes.

Puis il sourit. Autour le peuple bête et laid,
La canaille puante et sainte des Iambes,

Acclame l'histrion sinistre qui la hait.

Paul Marie Verlaine, surnommé « le Prince des Poètes », est un poète français, né à Metz le 30 mars 1844 et mort à Paris le 8 janvier 1896.
Paul Verlaine est avant tout le poète des clairs-obscurs. L'emploi de rythmes impairs, d'assonances, de paysages en demi-teintes le confirment, rapprochant même, par exemple, l'univers des Romances sans paroles des plus belles réussites impressionnistes. C'est lui qui a lancé la notion de « poètes maudits ».Ses derniers recueils, inégaux, trahissent un permanent déchirement entre les "sages" et impossibles résolutions (Jadis et Naguère, Amour, Bonheur, Liturgies intimes) et les rechutes dans le vice et le "péché" (Parallèlement, Chansons pour elle, Odes en son honneur). Malgré une tardive reconnaissance par ses pairs (il est sacré "Prince des poètes" en 1894 à la mort de Leconte de Lisle), Verlaine mourra dans le dénuement et la détresse, en janvier 1896.
Ce poème tiré du recueil 'Jadis et naguère', publié en 1884, est le retour à une inspiration plus variée, moins religieuse que dans 'Sagesse'. C'est dans cet ensemble que paraît pour la première fois 'L' art poétique', l'un des témoignages les plus importants du mouvement symboliste.


Le poème « le clown »est un sonnet , comme l'indique la définition, un sonnet est composé de quatre strophes; deux quatrains et deux tercets. Ses «  mètres »   sont pairs, ce sont des alexandrins Dès le début, son poème est très rythmé ce qui lui donne son charme .
A la lecture de la 1ère strophe, notre esprit voit tout de suite une piste de cirque où le clown blanc pousse les augustes hors de l'arène pour montrer qu'Il est Le seul, Le plus fort, Le plus.....Le Meilleur.
Dans la deuxième et troisième strophe, Verlaine décrit le clown blanc avec son maquillage et ses habits comme dans le vers 6 « C'est bien lui, dans sa blanche armure de satin » comme un brave chevalier. Son corps bouge agréablement, le clown sait jouer de son charme., seuls ses yeux semblent éteints.
Les spectateurs l'admirent mais ce sont ses yeux qui paraissent ne montrer aucune émotion qui révèle sa vraie personnalité : il hait ces gens qui l'applaudissent.
Dans ce poème, Verlaine montre sa haine des courtisans qui peuvent l'encenser un jour lui ou son ami Baudelaire et lui nuire un autre jour. Pour survivre, le port d'un masque est indispensable.

j'ai choisi cette photo car elle represente l'image meme d'un clown blanc.


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M. Urnauer 19/05/2009 10:06

Bonjour Abraham,
J'ai du mal à comprendre le sens de votre article ...
Est-ce lié à la photo ? Aurait-elle été prise sur votre site ?...
Sans ce cas, Solveig, il serait bon de préciser la source (et quelques phrases expliquant le choix de cette photo, comme je l'attendais).
Merci !

Abraham Soubrie 19/05/2009 09:07

Bonjour

Merci pour votre article ..

En restant objectif ... Sur Internet , il n'y a pas que des entités malveillantes , dont le seul but est d'envoyer des informations destinées à produire les pires effets ...

La preuve ... çA Phot ' Aux Yeux ...!

A+ de vous relire , Sincère Salutations . Abraham Soubrie PhotoGraphiC