Après trois ans, Paul Verlaine (Marion LQ)

Publié le par 1ères S2 et S3

            Considéré par les symbolistes comme leur « maître », Paul Verlaine né à Metz, le 30 mars 1844, commença sa carrière comme employé de bureau. Il fréquenta les milieux littéraires et publia son premier recueil, les Poèmes saturniens, en 1866. Sa rencontre avec Rimbaud, avec lequel il mènera une existence aventureuse, va bouleverser sa vie. Emprisonné pour avoir tiré sur son ami, Paul Verlaine écrit alors des poèmes empreints d’une grande musicalité, qui sont parmi les plus beaux de la poésie française. Il meurt à Paris le 8 janvier 1896.

« Après trois ans » est le troisième poème de la section « Mélancholia » des Poèmes saturniens.




          [J’ai choisi cette image car « Après trois ans » raconte le retour de Verlaine en 1865 sur le lieu de ses vacances c'est-à-dire dans une maison à Lécluse.]



Ayant poussé la porte étroite qui chancelle,
Je me suis promené dans le petit jardin
Qu’éclairait doucement le soleil du matin,
Pailletant chaque fleur d’une humide étincelle.

Rien n’a changé. J’ai tout revu : l’humble tonnelle
De vigne folle avec les chaises de rotin…
Le jet d’eau fait toujours son murmure argentin
Et le vieux tremble sa plainte sempiternelle.

Les roses comme avant palpitent ; comme avant,
Les grands lys orgueilleux se balancent au vent.
Chaque alouette qui va et vient m’est connue.

Même j’ai retrouvé debout la Velléda
Dont le plâtre s’écaille au bout de l’avenue,
— Grêle, parmi l’odeur fade du réséda .

           Ce poème lyrique s’articule comme une « promenade souvenir ». Ce sonnet est composé de quatre strophes ; deux quatrains et deux tercets aux vers en alexandrins dont les rythmes sont réguliers sous le schéma suivant ABBA ABBA CCD EDE.

La personnification qu’il fait donne un caractère merveilleux au jardin ; les roses palpitent, le lys est orgueilleux. Dans ce poème on retrouve la technique habituelle de Verlaine ; c'est-à-dire une série d’éléments visuels : la tonnelle, les fleurs suivis d’éléments sonores : un jet d’eau qui murmure, des roses qui palpitent ; présence d’un vocabulaire musical. On peut constater les allitérations en « p » du premier quatrain qui déterminent les bruits de pas de la promenade « poussé », « promené ». Paul Verlaine utilise aussi un de ses procédés habituels qui consiste à faire un plan vaste sur le jardin suivi d’un plan rapproché sur la tonnelle et des chaises de rotin.

Dans le dernier quatrain il fait référence à une statue représentant la déesse Velléda (cette prophétesse qui résistera aux romains au premier siècle fut reprise par Chateaubriand dans « Les Martyrs » sous la forme d’une druidesse gauloise qui tombe amoureuse d’un romain et finira par se suicider lorsque sa passion sera découverte).

On constate que le poème est écrit à la première personne : « Je me suis… », « J’ai tout revu… ».

On peut voir dans ce sonnet, la présence d’indicateurs sonores « murmure argentin », un air de parfum « l’odeur fade du réséda » et des couleurs « les roses ». On peut donc dire que dans cette promenade il y a une juxtaposition d’impressions olfactives, sonores et visuelles.


             J’ai choisi ce poème pour son côté descriptif, c'est-à-dire que l’auteur nous fait une telle description des éléments que l’on peut vraiment visualiser la scène. J’ai bien aimé la référence qu’il a fait de ces descriptions avec le passé qui donne place à une certaine mélancolie.

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