Le dormeur du val par Arthur Rimbaud [Alexandre L]

Publié le par 1ères S2 et S3

Arthur Rimbaud (Jean Nicolas Arthur Rimbaud) est un poète français surréaliste qui influence la poésie moderne, né le 20 octobre 1854 à Charleville, dans les Ardennes, et mort le 10 novembre 1891 à l'hôpital de la Conception à Marseille. En 1870, alors en dernière année d'humanités, Rimbaud se lie d'amitié avec Georges Izambard, son jeune professeur de rhétorique qui est son aîné de seulement six années. Il devient une sorte de rempart contre la « mother », encore surnommée par Arthur « maman fléau » et surtout il lui prête ses livres, tel les Misérables de Victor Hugo, car le jeune Arthur s'est « reconnu poète ». « L’enfant-poète » veut rejoindre Paris. Le 29 août 1870, quelques jours avant la bataille de Sedan, Arthur s'enfuit de Charleville en direction de Paris, où il veut devenir journaliste. Cette première fugue s'achève à la prison de Mazas, et s'ensuit un retour à Charleville, où sa mère lui flanque une volée mémorable au milieu du quai de la Madeleine, à côté de l'actuel musée Rimbaud. De cette époque, subsistent les premiers vers : Les Étrennes des orphelins et cet ensemble que la critique appelle le « recueil Demeny » (fin 1870). L'orientation poétique est alors clairement celle du Parnasse.



Le Dormeur du Val

C'est un trou de verdure où chante une rivière
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent; où le soleil de la montagne fière,
Luit; C'est un petit val qui mousse de rayons.


Un soldat jeune bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.


Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme:
Nature, berce-le chaudement: il a froid.


Les parfums ne font plus frissonner sa narine;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

Arthur Rimbaud

 

Le dormeur du val est un extrait d'un recueil intitulé «recueil Demeny » écrit par Arthur Rimbaud en 1870 (voir la biographie d’Arthur Rimbaud). Il lui permet de dénoncer  les horreurs de la guerre et la vulnérabilité des jeunes soldats inspirée d’une mésaventure suite à sa fugue où il traversa un champ de bataille jonché de cadavres. Ce poème engagée est composée de quatorze vers, en alexandrins et décasyllabes, qui sont repartis en quatre strophes, deux quatrains et deux tercets. On pourrait croire au premier abord à un sonnet mais les rimes sont croisées (ABAB), pour respecté la forme fixe il aurait fallu des rimes embrassées (ABBA). L’ensemble est rimé ABAB CDCD EEF GGF.

 

Ce poème est caractérisé par la composition progressive d’un court récit avec comme premier quatrain, la description du paysage, le deuxième quatrain, la description du soldat, le premier tercet, une description plus précise du soldat des pieds à la tête et enfin la révélation de sa mort (sans violence).

La nature est omniprésente dans le poème, elle occupe intégralement le premier quatrain, et nous la retrouvons jusque dans le dernier tercet. Elle se caractérise par une impression de vie et de bonheur qui sollicite tous les sens. "Verdure" vers 1 est reprise au vers 7 par "l'herbe" et au vers 8 par "vert". On a aussi une impression de luminosité avec "les haillons d'argent" vers 2 ; renforcée au vers 3 et vers 13 par le soleil et dont la luminosité est reprise au vers 4 "mousse de rayons" et vers 8 " lumière qui pleut" dans une métaphore qui relie la nature à la lumière. Tous les sens sont en éveil, sur le plan olfactif, "parfums" vers 12 qui donnent une  impression de bien-être et bonheur, comme sur le plan tactile, impression de fraîcheur, ainsi que sur le plan auditif, personnification de la rivière qui "chante" vers 1Le mot "val" du titre est repris au vers 4, c’est une rivière dynamique représentée par les deux enjambements des vers 1, 2,3. De plus cette nature est présentée comme douée de sentiments, au vers 11 elle est personnifiée et présentée comme très maternelle "berce".

 

Pour finir la mort occupe en fait une large place comme le montre le vers 1 le mot "trou" fait écho avec le vers 14. La "bouche ouverte" est une caractérisation de la mort du soldat ; sa tête est nue car son casque a roulé par terre ; "la nuque baignant" vers 6 signifie qu'elle baignait dans le sang,  ainsi que cresson bleu qui est l’alliance du rouge sang et de l’herbe verte. De plus les glaïeuls évoquent les fleurs que l'on pose sur une tombe. Plus rien ne bouge, "la narine" et "la poitrine "ne réagissent plus. Il ne respire plus, il est donc mort. On observe la violence des allitérations pour trancher cette vie. Nous comprenons alors que le sommeil du dormeur était l’image d’un mort.

 

Je pense que la photo que j’ai choisie représente bien le poème avec l’alliance de deux images. La première, la rose qui symbolise tout ce qui l’y a de plus beau, paisible dans la nature, et l’autre image, le sang du soldat ruisselant sur cette rose. Tout cela sur un fond noir qui évoque la mort du jeune homme.


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sabrina 16/10/2009 10:53


Je trouve que la description de ce poème est parfaite et parfaitement compréhensible. J'ai fait un contrôle sur ce poème mercredi 14 octobre 2009 et je voulais comparer mes réponses sur Internet et
bien je suis assez contente d'être tombée sur ce blog car cela m'a permis de voir que je l'ai plutôt bien réussi.Voila


M. Urnauer 30/05/2009 22:41

Rimbaud, poète surréaliste ?... (il y a ici comme un anachronisme !... )
Et dire que, si cela se trouve, c'était la seule phrase de ta présentation de Rimbaud que tu n'avais pas copiée/collée !...