Les Charniers - Eugène Guillevic (Aurélia)

Publié le par 1ères S2 et S3

Guillevic, Eugène (1907-1997), poète français, né à Carnac, fils d'un gendarme, il suit ses parents en déplacement dans toute la France, notamment en Alsace, où il fait une partie de ses études secondaires, et découvre la poésie allemande. Il entre dans l'administration en 1926 et s'installe à Paris en 1935.
La première plaquette poétique de Guillevic (Requiem) est publiée en 1938. En 1942, la publication de Terraqué chez Gallimard coïncide avec l'engagement de Guillevic dans la Résistance et avec son adhésion au Parti communiste français (PCF). Ses textes sont parus clandestinement sous le pseudonyme de Serpières.
Guillevic a reçu le grand prix de l'Académie française en 1976 et le grand prix national de poésie en 1984.


Les Charniers


Passez entre les fleurs et regardez
Au bout du pré c'est le charnier.


Pas plus de cent, mais bien en tas,
Ventre d'insecte un peu géant
Avec des pieds à travers tout.


Le sexe est dit par les souliers,
Les regards ont coulé sans doute.


- Eux aussi
Préféraient les fleurs. [...]


Exécutoire, « Poésie », 1947.



Les autorités allemandes ont annoncé, mardi 21 avril, que des fouilles allaient être entreprises mercredi à l'emplacement présumé d'un charnier de 753 Juifs, qui auraient été tués par les SS à la fin de Seconde guerre mondiale dans l'Est de l'Allemagne.
Les victimes, tuées le 2 février 1945, (...) étaient des "prisonniers malades ou incapables de marcher lors de l'évacuation du camp de Lieberose, dépendant du camp de concentration de Sachsenhausen".

Découverte d'un charnier soviétique en ex-RDA en 1992 (Sipa)
(Le Nouvel Observateur)


Les Charniers est un poème écrit après la fin de la deuxième guerre mondiale. Il est dénonciateur des horreurs des exécutions durant cette période.
Le registre est plutôt pathétique, remarquable grâce à des mots forts comme « charniers » ou des métaphores. Les distiques (et le tercet) sont définis par des octosyllabes sauf la dernière strophe et le premier vers. La première strophe unit les 2 vers par un enjambement. La dernière strophe est isolée par un tiret ce qui interpelle le lecteur et donne une insistance sur la fin du poème. Il y a absence de rimes c'est donc un poème en prose. On remarque une grande importance accordée aux images : « regardez » (vers 1) et autres figures d'images, le vers 7 est une métaphore « les regards ont coulé sans doute » signifie que ce sont les larmes qui ont coulé.
Cet extrait de poème est bref et accusateur. La fin introduit un effet de pitié et invite le lecteur à relire le poème pour mieux comprendre son intention dénonciateur.


Je pense que ce poème reflète bien les horreurs qu'ont commis les hommes durant la seconde guerre mondiale. Il montre aussi très bien l'inhumanité qui régnait en cette période, grâce à la description des corps dans les charniers (qui signifie l'endroit où se trouvent de nombreux cadavres).


Je n'ai pas choisi de photo spéciale (étant donné le thème assez dur je ne voulais pas mettre une photo de charnier ou même un dessin). J'ai donc trouvé un article récent sur le Nouvel Observateur avec une photo des fouilles par les autorités allemandes. Cet article permet de repenser à tout ce qui s'est passé et notamment ces atrocités causées par la seconde guerre mondiale, même aujourd'hui, à notre époque, il s'agit de ne pas rester indifférent à tout ça.


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M. Urnauer 28/05/2009 11:50

" Il y a absence de rimes c'est donc un poème en prose."
Voilà qui est vite dit (et faux !...) : ce n'est pas parce qu'il y a absence de rimes qu'il y a absence de vers !...