L'albatros (Bruno)

Publié le par 1ères S2 et S3

L’albatros

 

Souvent, pour s’amuser, les hommes d’équipage

Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,

Qui suivent, indolents compagnons de voyage,

Le navire glissant sur les gouffres amers.

 

À peine les ont-ils déposés sur les planches,

Que ces rois de l’azur, maladroits et honteux,

Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches

Comme des avirons traîner à coté d’eux.

 

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule!

Lui, naguère si beau, qu’il est comique et laid !

L’un agace son bec avec un brûle-gueule2 !

L’autre mime, en boitant, l’infirme qui volait !

 

Le poète est semblable au prince des nuées

Qui hante la tempête et se rit de l’archer;

Exilé sur le sol au milieu des huées,

Ses ailes de géant l’empêchent de marcher.

 

« Spleen et Idéal », Les fleurs du mal, II, 1861

 

  1. Gauche et veule : sans énergie
  2.  Brûle-gueule : pipe de marin

 

 

 

Ce poème a été écrit par Baudelaire, il fait partie du recueille « les fleurs du mal ». Le poète raconte ce que les gens pensent de lui à travers l’albatros. En effet, nous pouvons tout d’abord trouver dans le vers 13, une personnification du prince des nuées (l’albatros), il est comparé comme très proche du poète. Cela forme une comparaison avec tout le poème, le lecteur réfléchi sur ce qu’il a lu avant sur l’albatros. On peut dons trouver un parallélisme dans le poème : le poète est comparé à l’albatros, les hommes d’équipage deviennent la foule qui conteste le poète et les planches deviennent le théâtre. Nous pouvons trouver un jeu d’antithèse. Par exemple vers 9 :

« Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule! » Nous pouvons remarquer que le poète se contredit : « Ce voyageur ailé » est positif alors que « gauche et veule » rend la phrase péjoratif. On retrouve cette structure dans les vers 6 et 10. Les 3 premières strophes sont consacrées à l’albatros tandis que le dernier mets en relation l’albatros et le poète.

 

            Le poème est organisé en 4 quatrains écrits en alexandrin. Nous pouvons remarquer un enjambement vers 1 et 2 : « Souvent, pour s’amuser, les hommes d’équipage prennent des albatros ». Nous pouvons remarquer des coupures à l’hémistiches dans les vers où l’on trouve le jeu des antithèses : vers 6. Nous pouvons remarquer une autre coupure à l’hémistiche vers 2.

 Sur cette image, on voit l’albatros,  rois des mers qui sur terre laisse des ailes déployé, comme un idiot.

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