J'accuse (Bruno)

Publié le par 1ères S2 et S3

Émile Zola, "Lettre ouverte au président de la république", L'Aurore, 13 janvier 1898.
 

J'accuse
Au  nom du mort qui fut sans nom

Au  nom des portes verrouillées

Au  nom de l’arbre qui répond

Au  nom des plaies au nom des prés mouillés

 

Au  nom du ciel en feu de nos remords

Au  nom d’un père qui n’aura plus son fils

Au  nom du livre où le sage s’endort

Au  nom de tous les fruits qui mûrissent

 

Au  nom de l’ennemi au nom du vrai combat

Où l’oiseau avait fait son nid

Au  nom du grand retour de flamme et de soldats

Au  nom des feuilles dans le puits

 

Au  nom des justices sommaires

Au  nom de la paix si faible et dans nos bras

Au  nom des nuit vivante d’une mère

Au  nom d’un peuple dont s’efface les pas

 

Au  nom de tous les nom qui n’ont plus de renom

Au  nom des voix remuantes au nom des Voix

 Qui disent oui qui disent non

Au  nom des hommes aux yeux de proie

 

Amour je te livre aux premières fureurs de la joie.
Poèmes de la nuit et du brouillard, Éditions Seghers, 1945

            Ce poème est le témoignage et une dénonciation des horreurs vécues dans les camps de concentration, il a été écrit en 1945 par Jean Cayrol lors de sa libération. Le nom « J’accuse » annonce déjà quelque chose derrière ces hommages aux familles, au père, aux soldats,... En effet, beaucoup inspiré de ce qu’à écrit Émile Zola un demi siècle plus tôt, Cayrol utilise une anaphore tout comme le texte le Zola : quasiment tout les vers commencent par  «Au nom de». Cela entraîne inévitablement une énumération. Ce poème est composé en 5 strophe : 5 quatrains et un vers que l’on peut prendre comme une conclusion. Ces cinq strophes ont des rimes croisées. Dans 2 strophes, il y a un vers qui ne commence pas par «Au nom de». C’est la suite du vers précédant pour ces deux cas.

            Nous pouvons observer différent changement de rythme. En effet, On peut être étonné de ne pas trouver de virgule à certaine endroit comme au milieu du vers 19 :
"Qui disent oui(,) qui disent non" . Sinon, dans le vers 3, nous avons une accélération avec le contenu de deux vers dit en un seul vers:

"Au  nom des plaies

au nom des prés mouillés".
Nous retrouvont la même chose dans le vers 9.
Tous ces changement pertubent le rythme monotone d'une énumération.

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