Le mal. Rimbaud (estelle)

Publié le par 1ères S2 et S3







Célèbre poète français, Jean Nicolas Arthur Rimbaud est né le 20 octobre 1854 à Charleville. Elève brillant et précoce, Rimbaud a été remarqué par un professeur, Georges Izambard, pour ses talents en poésie et en rhétorique. C’est grâce à ce dernier qu’il prit son envol et se rendit à Paris. Là-bas, il rencontra Verlaine avec qui il aura une relation tumultueuse. C’est à cette époque que le jeune poète a écrit deux recueils importants : « Les Illuminations » et « Une saison en enfer ». En 1875, Rimbaud cessa d’écrire, s’engagea dans l’armée des Indes néerlandaise et devint trafiquant d’armes. Il meurt le 10 novembre 1891, à l’âge de 37 ans, dans c’atroce souffrance.






Le mal  a été écrit par Rimbaud en 1870. Dans ce poème, alors qu’il n’a que 16 ans, Rimbaud se révolte contre la guerre et accuse la religion d’être complice avec ce conflit. Il prend donc part à la guerre Franco-Prussienne et à son désastre. Ce poème est organisé sous la forme d’un sonnet. Cette forme poétique se compose de quatorze vers en alexandrins. Ils sont répartis en deux quatrains et en deux tercets. L’ensemble est rimé en ABAB, ABAB (rimes croisées),  CDD, CEE.  Ce sonnet est donc constitué de rimes qui ne sont pas habituellement utilisées pour cette forme poétique.


Tandis que les crachats rouges de la mitraille
Sifflent tout le jour par l'infini du ciel bleu ;
Qu'écarlates ou verts, près du Roi qui les raille,
Croulent les bataillons en masse dans le feu ;

Tandis qu'une folie épouvantable, broie
Et fait de cent milliers d'hommes un tas fumant ;
- Pauvres morts ! dans l'été, dans l'herbe, dans ta joie,
Nature ! ô toi qui fis ces hommes saintement !...

- Il est un Dieu, qui rit aux nappes damassées
Des autels, à l'encens, aux grands calices d'or ;
Qui dans le bercement des hosannah s'endort,

Et se réveille, quand des mères, ramassées
Dans l'angoisse, et pleurant sous leur vieux bonnet noir,
Lui donnent un gros sou lié dans leur mouchoir !

Ce poème se structure en plusieurs parties. Dans la première, Rimbaud dévoile au lecteur la guerre qui oppose les Français aux Prussiens. Pour cela, il nous peint l’horreur et la boucherie de ce conflit. EN effet, dans la première strophe, le poète étale une palette de couleurs avec « le rouge de la mitraille », le « ciel bleu » et les soldats « écarlates ou verts ». Ces deux dernières couleurs désignent la déshumanisation des soldats et donc leurs pertes d’identité. Les troupes françaises sont représentées par l’adjectif « écarlate » et les troupes prussiennes par la couleur verte. « Le rouge de la mitraille «  nous évoque les coups de feu, le sang, le feu et par conséquent l’enfer de la guerre. Celle-ci se déroule dans une atmosphère d’apocalypse où « croulent » « en masse » «  cent milliers d’hommes » au milieu du « feu » dans ‘une folie épouvantable ». Dans ce paysage, les soldats sont abattus et massacrés comme des bêtes. Ce cauchemar est renforcé par des allitérations agressives en « r » : « crachat »,  « rouge », « raille », « croulent », « broie » ; en « f » : « sifflent », « infini », « fait », « fumant » et en « s » : « sifflent », « masse ». Grâce à ce tableau de la guerre meurtrière, Rimbaud éveille chez le lecteur ses sens. Celui-ci peut facilement imaginer le ravage de la guerre, entendre son agressivité à travers le « sifflement » « de la mitraille », les railleries du Roi et sentir la puanteur du « tas fumant ». De plus grâce au registre polémique, nous éprouvons un sentiment de dégoût et de révolte. Et inversement, dans la partie suivante, Rimbaud fait appel au registre lyrique, aux points d’exclamation et de suspension pour exprimer sa haine, sa répugnance face à la guerre. Pour cela, il nous peint la quiétude de la nature face au carnage. Elle évoque chez le lecteur le calme d’une atmosphère paisible où on peut presque percevoir le « sifflement » des oiseaux. Nous pouvons également imaginer un tableau d’été avec des couleurs vives comme le vert et le bleu. La guerre est comme suspendue dans ce havre de paix. Ensuite dans la troisième strophe, « un Dieu » rit et reste indifférent face à cette boucherie. Au niveau olfactif nous avons une opposition avec les odeurs puisque nous ne sentons plus la puanteur mais « l’encens ». De plus, l’église est luxueuse, elle possède des « nappes damassées », « des autels »et «  des grands calices d’or »contrairement au peuple qui est vêtu de «  vieux bonnet noir ». « Le bercement des hosannah » fait parvenir au lecteur une douce et belle mélodie. La dernière strophe de poème expose une image pathétique de mères angoissées, « pleurant » le deuil et soumises à la religion. Ces mères sont prêtes à donner « un gros sou lié »  qui représente toute leur richesse à leur Dieu pour que la guerre cesse. Après avoir achevé ce poème, le lecteur éprouve un sentiment d’indignation à cause d’un Dieu endormit face au désastre et à le détresse des mères. Rimbaud dénonce sur un ton virulent la guerre et la religion à travers des tableaux visuels, olfactifs et odorants.

 

 

J’ai choisi ce tableau puisqu’il expose très bien le carnage de cette guerre presque inconnue. Nous pouvons voir ainsi les bataillons d’hommes formant un tas fumant. Ce tableau se déroule également à l’intérieur d’une ville où des innocents sont tués et où les mères pleurent leurs détresses à leur Dieu.





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Sarah 06/01/2015 20:02

Bonsoir, quel est le titre de ton tableau, il est très intéressant?Merci