Marcel Rivier - Soir tendre [Quentin.G]

Publié le par 1ères S2 et S3

 

 

Marcel Rivier (1893-1914) n’est pas un écrivain, mais un de ces soldats tués lors des premières semaines de la guerre. Le poème proposé ci-dessous figure dans une lettre qu’il adresse à sa famille en octobre 1914. Cette même lettre est tirée du recueil ‘ Paroles de Poilus ’.



Oh ! ce soir je suis tout frissonnant de tendresse

Je pense à vous, je me vois seul, je me sens loin,

Loin de tout ce dont mon cœur tendre a tant besoin

Hésitant entre l’espérance et la tristesse

 

Comme un oiseau meurtri mon cœur las que tout blesse

 

Désirerait un nid très sûr, un petit coin

Où dans la quiétude et la douceur des soins

La douleur se fondrait vaguement en faiblesse

 

Et des mots d’abandon, des mots mièvres et lents,

De ces mots que l’on sent monter du fond de l’âme

S’écoulent de ma bouche à petit coups dolents

 

Et je rêve de doigts légers, adroits et blancs

Qui sur mes yeux se poseraient frais et tremblants

Sinon des doigts de mère au moins des doigts de femme

Chassant la vision des souvenir sanglants

 

Ton Marcel, Octobre 1914

 


L’idée principale que je retiendrais de ce poème est sa franchise et son honnêteté, c’est d’ailleurs pour cela que je l’ai particulièrement apprécié.

En effet, tout au long du poème nous avons l’impression que Marcel dit « Vrai ». Quand il évoque l’enfer enduré, les gestes d’affection qui lui manquent tant, ce guerrier ne dit que vérité à tous ses biens aimés.


Ce poème est composé de quatre strophes, trois quatrains et un tercet. Chaque ver est en alexandrin. L’ensemble est rimé suivant le modèle ABBA ABBA CDC CCDC.

Souvent, Marcel utilise le pronom personnel « JE » assez normalement puisqu’à travers son poème, il exprime ses sentiments et ses désirs.

Tout au long de l’œuvre, il y a une forte présence du champ lexical du corps humain : « mon cœur » (vers 3 et 5), « ma bouche » (vers 11), « doigts » (vers 12 et 14), « mes yeux » (vers 13).

De plus, de nombreux adjectifs qualificatifs tels que « frissonnant » (vers1), « tristesse » (vers4), « faiblesse » (vers8), «mièvre et lent » (vers9) et « sanglant » (vers15) viennent renforcer l’idée que la vie sur le front est extrêmement dure, qu’il y a de la « quiétude » (vers7), une forme « d’abandon » (vers9) et que la mort n’est plus très loin comme l’exprime ce groupe nominal « mon cœur meurtri » (vers5).

Enfin, les temps verbaux: le poème débute au présent «je suis tout frissonnant»  

(vers1), comme pour exprimer une triste réalité. Il se poursuit au conditionnel « désirerait » (vers 6) et «se poseraient » (vers 13). J’interprète l’utilisation de ce temps comme un fait que Marcel aimerait avoir, en sachant pertinemment que cela relève de l’impossible.

 

J’ai associé ce poème à cette image pour la posture, l’humilité du personnage, et la franchise de son regard. Le fait que ce soldat se tienne droit, qu’il nous regarde dans les yeux tente à nous référer à l’idée principale du paragraphe précédent.

 

Pour conclure, je dirais que les choix qui ont été fait se sont portés sur les qualités (ou les thèmes)  de la ‘ Franchise et l’Honnêteté   ’ car à mon sens elles restent des notions des plus importantes dans la vie.   de la ‘ Franchise et l’Honnêteté   ’ car à mon sens elles restent des notions des plus importantes dans la vie.  

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1ères S2 et S3 28/04/2009 21:38

J'ai hâte d'avoir ton commentaire explicatif accompagnant ces textes : ils sont bien (tu peux les laisser), mais, a priori, j'y vois une lettre et 2 poèmes lyriques. Autrement dit, ça ne correspond qu'en partie à ce que j'ai demandé (mais, comme je te l'ai dit, tu peux tout à fait laisser ces textes ; maintenant, proposer un poème engagé serait bien aussi !...)